Chronique de l'automne / 10ème semaine
10ème semaine de l’automne
L’automne file. Pratiquement tous les arbres ont perdu les feuilles. Il reste quelques chênes, charmes et les mélèzes qui commencent à bien perdre leurs aiguilles bien jaunies. Le ciel est plus gris. L’élan est de rester plus à l’intérieur. Je crois que c’est la première année où je trouve cela doux et où je rentre avec plus de facilité dans cette saison.
Livre d’artiste
J’ai réalisé ces dernières semaines un livre d’artiste avec une page double pour chaque mois de la nouvelle année qui arrive. Mais au final il y a 13 pages. Je n’ai pas pu me résoudre à en enlever une. Et en y réfléchissant, dans une année il y a 13 lunes donc le livre sera ouvert pour la nouvelle lune de décembre et couvrira un temps un peu différent.
Entrer dans une nouvelle semaine
Depuis la rentrée, je voulais marcher les lundis matins. Je n’ai pu le faire que 3 fois mais je vais vraiment m’y atteler. Ce matin, j’ai fait une grande marche. Je suis allée dans la forêt de Mélèzes puis j’ai marché pour rentrer. Quel bonheur ! Il pleuvait mais cela ne m’a pas dérangé. Il ne fait pas froid, le temps est plutôt doux. J’ai ramassé des cônes de Mélèzes, des branches de sapin pour en faire une boisson et de très belles feuilles de robinier faux acacia. Je m’aperçois que c’est important pour moi de rentrer doucement dans une nouvelle semaine. Prendre le temps de marcher, de respirer, avant que le rythme s’accélère.
De la douceur
Il y a vraiment de la douceur dans ces jours plus courts et ces temps plus longs. Accueillir cela c’est précieux. Car dans le quotidien, l’émerveillement devient multiple. Nous sommes moins affairés à l’extérieur et l’attention devient plus concentrée, plus intense. L’émerveillement se dévoile dans une des dernières feuilles qui tombent et se dépose sur le sol, sur une mésange qui se pose sur le lierre du côté de la fenêtre de la cuisine, sur les Achillée qui sont encore en fleurs dans les prés, sur la brume qui s’accroche aux mélèzes mais aussi sur l’odeur toute simple en apparence d’une clémentine et de sa peau qui se propage dans l’air.
Le temps de la brume
Hier, la brume recouvrait la vallée.
La vallée est devenue blanche, recouverte par une mer de nuages sublime. Cela donnait quand le soleil était haut, une lumière presque irréelle, iridienscente et intense. La brume s’est dissipée vers le début de l’après midi et le ciel bleu est enfin apparu. Ce matin, elle est moins dense, plus fine mais plus humide aussi. Elle entoure notre clairière, on aperçoit entre ses vapeurs grises entre les arbres, la forêt alentour s’efface un peu. Et dans l’après midi, l’effet embrumé se poursuit et atteint notre lieu. Tout autour est d’un blanc laiteux un peu fade. Mais on se sent comme enveloppée, au sein de la maison dans la forêt.
La brouillasse
Quel mot de peu de beauté. Mais il résume tellement l’esprit de ce samedi matin. La forêt est envahi d’une brume vaporeuse parsemée d’une pluie fine par moments. La couleur grise domine et l’ambiance est humide. Après un temps passé dans nos ateliers respectifs, qu’il est doux de se poser contre le feu.